Pourquoi (et comment) miser sur l’économie circulaire ?

La lettre M article économie circulaire

S’inspirer du fonctionnement des écosystèmes naturels pour produire de façon plus respectueuse de l’environnement en misant sur des matériaux recyclables, renouvelables et durables : tel est le choix des entreprises de l’économie circulaire. Mais quid de la viabilité économique ?

Selon Cyd’Op, la plateforme des acteurs de l’économie circulaire en Occitanie, initiée dans le cadre du Plan régional d’action en faveur de l’économie circulaire avec le soutien de la Région Occitanie et de l’Ademe, 80 millions de tonnes de matière alimentent chaque année le système économique régional, tandis qu’en parallèle, 17 millions de tonnes de déchets sont produits dans le territoire. Dans ce contexte, la Région souhaite s’inscrire dans une trajectoire « zéro gaspillage, zéro déchet » en misant notamment sur l’économie circulaire. Mais au-delà des ambitions environnementales, en quoi ce modèle-qui consiste à produire des biens et services de manière durable en limitant la consommation et le gaspillage des ressources et la production des déchets. Peut-il bénéficier à l’économie régionale ? Pour Chloé Lechevalier, consultante chez Pikaia, « il est possible de faire les choses différemment, en s’inspirant du fonctionnement des écosystèmes naturels ».

Rester compétitif.

Un exemple avec la société Colibri (siège à L’Union -31), spécialisée dans la production de peintures « naturelles biosourcées, assainissantes et dépolluantes ». « Aujourd’hui, qui n’a pas dans son garage des pots de peinture inutilisés ? glisse Cédric Laurent, fondateur de l’entreprise qui a commercialisé l’an dernier plus de 20 000 litres de peinture par internet. Nous avons fait le choix d’une fabrication en petites quantités. Nous ne vendons pas au litre mais au mètre carré et ce directement aux utilisateurs. Entant qu’entreprise engagée, nous voulons faire bouger les choses ».

Mais côté business, comment cela se traduit-il ? « Grâce à notre production intelligente, notre coût de revient est compétitif, assure le dirigeant. Bien sûr, un produit pétrochimique reviendra dix fois moins cher que nos peintures. Nous ne souhaitons pas que le surcoût excède les 15%. Par conséquent, nous ne misons pas sur des marges délirantes. Nous restons raisonnables ».

Des niches de marché.

Produire mieux tout en étant rentable. C’est également l’équation visée par Kareen Maya Levy, présidente de la société toulousaine kippit, qui fabrique et commercialise une bouilloire durable et réparable. « Nos produits sont écoconçus et en grande partie déjà issus du recyclage, explique-t-elle. Bien sûr, nous avons beaucoup de concurrence. Mais le marché est énorme, et notre offre correspond à un besoin de consommation plus responsable, plus respectueuse de l’environnement. Et sur ce créneau, nous ne sommes pas si nombreux… ». Une niche de marché que les distributeurs traditionnels se font fort d’accompagner.

« Pour le petit électroménager, la plupart du temps, le service après-vente de ces grands acteurs ne répare pas, mais remplace, déplore la chef d’entreprise. Nos produits, eux, sont réparables. Et ça, ça les intéresse ». Chloé Lechevalier acquiesce : «La valeur d’usage est la base de l’économie de la fonctionnalité, plus économe et plus vertueuse ».

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