kippit : l’électroménager agréé par l’avenir 

Aujourd’hui, le portrait de kippit, “l’électroménager agréé par l’avenir”

Kareen Maya Levy
kippit 
Christophe Faurie
l'avenir 
électroménager

Quelle est la genèse du projet

Lorsque j’ai revendu ma précédente entreprise, l’associé avec qui je l’avais montée et moi avons eu l’idée d’un électroménager durable, évolutif, fabriqué en France, un achat “à vie”. C’était une façon à la fois différente de produire et de consommer. L’idée date de 2015, mais le projet n’a réellement commencé qu’en 2018. 

Aujourd’hui, notre équipe, en plein développement !, est basée à Paris et à Toulouse.

Une interview de sa co-fondatrice, Kareen Maya-Levy.
Un « portrait de start up industrielle » et une collaboration Collectif Startups Industrielles France et association des interpreneurs. 

Et les étapes du développement de kippit ?

On a commencé “petit et emblématique” : la bouilloire électrique… c’était l’archétype du non durable, pas réparable. On a présenté un prototype au salon Made in France. L’accueil des consommateurs, des distributeurs et des médias a été très positif. 

Mais il fallait encore prouver qu’il y avait un marché. Nous avons choisi d’utiliser une plate-forme de financement participatif. Ce type de financement correspond à notre volonté d’impliquer le consommateur, d’avoir un contact direct avec lui. Ce qui est essentiel puisqu’on lui demande de changer de comportement…

Cela ne s’annonçait pas aisé. En effet, le panier moyen sur cette plate-forme est de 50€, alors que le prix de notre bouilloire est de 200€. Nous avions fixé comme objectif 10.000€, mais nous avions le secret espoir d’atteindre 100.000€. En fait, nous avons levé 245.000€ ! 

Le marché étant là, nous avons trouvé plusieurs investisseurs. D’abord deux “fonds à impact” make sense et France Active. Mais aussi 109 “Kippers”, qui avaient envie de nous accompagner. Pour nous, c’est hyper important. Les Kippers peuvent ainsi être présents à toutes les étapes du développement, ils sont nos soutiens et nos ambassadeurs !

Nous pouvions passer à l’industrialisation. Notre métier est de concevoir et d’assembler. Nous achetons les pièces à des fournisseurs. Nous avons fait le choix de l’inox. C’est le matériau idéal. Seulement, s’il a été facile de trouver des plasturgistes et toutes les autres pièces, il n’en a pas été de même pour l’inox. 

Nous avons contacté 160 entreprises. Nous avons eu 3 études de faisabilité, 3 devis, un seul était acceptable. Malheureusement, beaucoup de compétences ont disparu. Par exemple dans la soudure. Et il est difficile de faire changer de vieilles entreprises qui s’ingénient à utiliser des techniques qui ne sont pas adaptées. Heureusement, l’entreprise a été reprise. L’acquéreur a considéré notre problème comme un challenge. Il a tout repris de zéro. Mais c’est long !

Une première mini-série de 100 a été livrée, une seconde, de 300, va arriver. Nous devrions recevoir 2500 bouilloires en septembre. Nous devons livrer plus de 2000 précommandes. 

Ces retards combinés à la crise du covid et à la pénurie des matières premières, qui nous a forcés à stocker des composants électroniques, a provoqué une crise de trésorerie. Nous nous sommes trouvés dos au mur et avons dû décaler notre plan de financement et notamment la série A que nous avions prévue pour mi-2022 . 

Nous discutons actuellement avec trois investisseurs industriels. Un partenariat avec un industriel est logique. Il nous apporte son savoir-faire. Il est intéressé par notre agilité et nos idées. Il désire accompagner le développement de la marque, sans devenir majoritaire. 

Comment voyez-vous votre avenir ? 

C’est le déploiement d’une nouvelle marque, une gamme de produits que l’on “consomme autrement”. Cela passe par la conception de nouveaux produits, et par un développement international commençant par l’Europe. 

Paradoxalement, nous avons pas mal de “traction” venant du Canada. Mais approcher l’Amérique du nord est compliqué. Les normes sont différentes et le “made in France” n’y a pas bonne réputation. Nous devrons probablement fabriquer sur place. 

Vous attaquez des concurrents redoutables, comment parvenez-vous à vous différencier avec votre électroménager ? 

Concevoir des produits comparables à des produits existants et fabriqués dans des régions où le coût du travail est bas n’aurait pas de sens. Nous n’apporterions rien et ne serions pas compétitifs. Notre approche est différente, aussi nos produits ne sont pas directement concurrents avec ce qui existe déjà.  Et puis la durabilité et la réparabilité intégrées dès la conception sont des atouts puissants pour nos produits. 

On innove également en ce qui concerne l’usage. Sur le petit électroménager, nous nous concentrons sur une approche multifonctions qui permettra de posséder moins d’appareils électroménagers mais d’en avoir tous les usages… C’est une autre façon de consommer. 

Nous nous devons aussi de “réfléchir autrement”. Par exemple, on va d’abord chercher à privilégier une approche low tech, plus fiable, ou à rationaliser notre approche, en ne proposant que les programmes nécessaires. On pense aussi économie d’énergie, d’eau ou encore utilisation d’énergie alternative comme le solaire… 

Réduire les coûts n’est pas simple, on se doit d’être malins, notre approche en termes de marge est aussi raisonnée. 

En ce qui concerne la distribution, pour l’instant, nous nous concentrons sur notre site internet et avons entamé des discussions avec des acteurs de la distribution traditionnelle pour construire une relation basée sur la confiance et la sincérité.

Enfin, on se dit que la législation finira par évoluer. La création d’emplois sera prise en compte.

Nous n’avons pas choisi de nous engager sur une route toute droite mais la cause en vaut la peine !

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